Lieu de stage pour nos élèves de la filière SAPAT, l’unité de vie ADMR La Chaumière, située tout près du lycée, accueille des résidents adultes souffrant de handicap psychique ou de déficience intellectuelle. Logés dans une « maison », les résidents sont amenés à maintenir leur autonomie le plus longtemps possible par un accompagnement qui vise à « faire avec » au lieu de « faire à la place de », une trop grande perte d’autonomie ayant pour conséquence le départ de La Chaumière.

« Faire avec » au lieu de « faire à la place de » est également un principe de base de l’animation, et c’est pour cela, et pour toute la singularité de ce lieu et des méthodes de ses professionnels, que mon choix pour la conduite de l’EP3 s’est arrêté pour la deuxième année consécutive sur ce terrain, afin de proposer aux jeunes qui arrivent dans la filière une première approche de ce qu’est l’animation par la mise en œuvre d’une action concrète, en situation réelle et dans un contexte local.

Courant janvier, nous avons exploré les enjeux de l’animation socioculturelle : ses objectifs, ses grands principes, ses métiers, ses modalités, ses espaces, ses publics, ses activités,… et nous avons défini les contours de notre projet. Leur objectif : en binôme, concevoir, animer et évaluer un atelier autour d’une activité qui les intéresse à l’attention de l’un des résidents de La Chaumière.

Fin janvier, nous nous sommes déplacés à La Chaumière afin de rencontrer les résidents (qui nous ont parlé de leurs pathologies et de leurs goûts) et les professionnels (qui nous ont détaillé le projet d’établissement). Nous avons également pu visiter les lieux dans lesquels les jeunes pourront potentiellement installer leurs ateliers.

Les jeunes ont ensuite pu commencer à concevoir leur animation en fonction de la réalité du terrain. Ils se sont questionnés sur leurs centres d’intérêt et se sont projetés afin de les mettre en adéquation avec les besoins et projets individualisés des résidents. Le fait de partir d’eux-mêmes, de ce qu’ils aiment faire, et de choisir l’objet de leur atelier, les a évidemment passionnés.

Puis, ils ont dû réfléchir à une activité précise autour de ce centre d’intérêt, avec ses objectifs, son déroulement précis et son évaluation, qui leur permettrait de le partager avec ces personnes en situation de handicap. Ils ont conçu la fiche d’activité en lien avec leur atelier, qui en détaille toutes les caractéristiques, puis ont fabriqué ou se sont procurés, les différents supports, outils, ou matériaux dont ils ont eu besoin.

Nouveauté cette année en réponse à la demande des résidents : courant mars, nous avons ensuite accueilli résidents et professionnels au lycée pour une visite de l’établissement et le partage d’un goûter. Revoir les résidents alors qu’ils avaient commencé à concevoir leur atelier, a permis aux jeunes de s’ajuster au besoin et se figurer leur intervention de manière plus concrète.

Début avril, les jeunes ont réalisé leurs interventions en deux fois, avec au programme selon les groupes : bien être, chasse aux trésors, cookies, danse, décoration de gâteau, jardinage (avec customisation du pot), jeu de l’oie (fabriqué par les jeunes), peinture (avec des éléments naturels), peinture (imitation d’œuvres), ping-pong, sablés, soin beauté. Et pour finir bien entendu, un goûter partagé.

Les jeunes ont pu confronter leur projet au réel et s’adapter aux imprévus d’une rencontre, tout en faisant l’expérience de l’enjeu central de l’animation qu’est la relation. Les moments passés ensemble, à « faire ensemble », étaient intenses. L’entièreté et les rires des résidents resteront gravés dans les mémoires de nombreux jeunes de 2SAPAT.

Entre les deux interventions, les résidents ont trépigné d’impatience dans l’attente de notre retour et ont ensuite manifesté leur déception de devoir attendre un an avant le retour de Bel Air à La Chaumière. Les encadrants y sont totalement favorables ; en effet, ils ont eux aussi beaucoup apprécié le travail des 2SAPAT (ils ont jugé les groupes bien préparés et très soudés), communiquent régulièrement en interne à propos du projet et jugent essentiel de contribuer de cette manière à leur formation.