
Dessin, Soumeya
Nous pensions vivre un stage Territoire, Développement, Ressource, Produit (TDRP).
Et nous avons rencontré un peuple.
La ressource ici, ce sont les gens. Leur sens de l’accueil. Leur solidarité. Leur tranquillité, au sens où l’on dit d’une eau qu’elle est tranquille. L’eau est une problématique évidente ici. Elle vient d’en haut. Elle descend. Cela va de soi. C’est indiscutable.

Dessins, Loïs
Le retour aux règles traditionnelles des tribus semble s’imposer. Il ne faut pas tout capter en amont. Il en faut pour l’aval. D’Ilhoukarn à Tagmout. Jusqu’à Taliouine.
Aux cartes administratives se superposent les lois ancestrales, souvent orales, parfois écrites. Ce n’est pas un territoire, mais des territoires, et des temporalités, qu’il faut faire cohabiter au mieux.
La culture du safran étire ses terrasses le long des courbes de niveau, et sur les plateaux. Les murets de pierre sèches soutiennent l’or rouge. Les oliviers coopèrent. Les céréales (blé, orge) et les légumineuses (féverole) alternent dans les cultures.
La poussière que les enfants soulèvent en jouant au football jette un voile qui annonce le soir.

Cartographie sensible, Audrey.
Les élèves ont réalisé un carnet de voyage individuel. Ils avaient notamment chacun à réaliser une carte postale, une cartographie sensible, et des dessins. Nous en avons fait un carnet de voyage de classe édité en 80 exemplaires. Ils ont pu vivre en immersion 2 nuits chez des familles dans les douars (villages de montagne).
Les paysages s’affirment comme des palettes de peintre à chaque virage pris. Et les teintes changent à chaque heure, jusqu’au flamboiement du soir. Comment ne pas être spirituel ici ? Le silence accompagne nos pensées. C’est un peu comme un premier jour.
Les plis géologiques, tantôt à la verticale, tantôt à l’horizontale, animent les robes des montagnes, comme si elles dansaient pour nous.
Le thé se sert, irrémédiablement. Il coule dans nos veines, un tantinet amer, sucré, chaud. Une évidence de plaisir.
Les femmes sont là. Aussi discrètes que présentes. Fortes. Serviables. Energiques. Passant de l’ombre des tâches domestiques à la lumière joyeuse et contagieuse du hawash qu’elles semblent vouloir jouer et danser sans limite.
Un âne brait, en réponse aux aboiements du chien.
C’est peut-être cela la musique du monde.
Ou bien plutôt, c’est la musique, le coeur du monde.
Lien vers le pocketfilm réalisé par Emmanuel Devineau :
ou

Proverbes amazigh
Petit à petit, le dromadaire finit par rentrer dans la marmite
Les paroles, c’est comme du sel
Là où il y a de l’eau, il y a de la confiance
Si tu veux du miel, il faut supporter la piqure des abeilles
+ Infos:
Emmanuel Devineau
enseignant-animateur ESC Lycée Nature
La Roche sur Yon 85000
emmanuel.devineau@educagri.fr